Les revendications de Efling

La revendication principale de Efling est de faire passer le salaire minimum de base pour un emploi à temps-plein à 425 000 ISK par mois, au lieu des 300 000 ISK mensuels actuels. Cette hausse se ferait de façon graduelle au cours de la période couverte par la convention collective, soit vraisemblablement trois ans.  Chaque année, et durant trois ans, les salaires mensuels augmenteraient alors d’environ 41-42 000 ISK. Nous demandons en outre que le total de cette hausse soit fixe, et non pas proportionnel. VR, le syndicat des travailleurs et travailleuses des commerces et des bureaux, revendique lui aussi des hausses similaires.

Efling a également présenté des demandes concernant d’autres clauses de la convention collective, qui peuvent être consultées dans le document complet des revendications. Ces revendications ont été formulées en coopération avec SGS, la fédération des travailleurs et travailleuses généraux et spéciaux d’Islande. Une autre liste de revendications a été présentée au gouvernement, les principales demandes concernant une révision de redistribution des taxes et des actions dans les domaines du logement et des taux d’intérêt.

Pourquoi 425 000?

Efling considère que le salaire d’un emploi à plein temps devrait suffir à couvrir les besoins financiers de chacun.e. D’après les données officielles publiées par Velferðarráðuneytið (le Ministère des affaires sociales et de la santé) et en tenant compte d’une estimation raisonnable des coûts liés au logement, basée sur des sondages auprès des membres de Efling, le coût de la vie d’un individu s’élève à environ 353 000 ISK par mois. Une hausse significative du salaire minimum est donc nécessaire pour pouvoir couvrir ce coût.

Même en s’élevant à 425 000 ISK par mois, le salaire minimum ne permettrait pas de couvrir le coût de la vie si les taxes demeurent inchangées. Cette hausse permettrait néanmoins de nous approcher de notre objectif.

Ces dernières décennies, le fardeau des taxes a été relégué aux populations les plus pauvres. Efling a demandé au gouvernement de changer cette situation. Le salaire minimum pourrait alors permettre d’assurer le coût de la vie. Pour que cela soit possible, il faudrait que le crédit d’impôt personnel augmente de 96 000 ISK par mois. Si le gouvernement supprimait les taxes sur les salaire les plus bas, la hausse du salaire minimum pourrait alors se limiter à 368 000 ISK mensuels.

Les employeurs ont-ils les moyens?

Depuis que Efling, SGS et VR ont présenté leurs demandes, les employeurs ont déclaré ne pas avoir les moyens d’y répondre – les entreprises couleraient et et l’Islande s’effondrerait. C’est toujours le même refrain, à chaque nouvelle négociation de convention collective. Ce fut le cas notamment en 2015, où les accords impliquaient de larges hausses. Un certain nombre de projections annonçaient une inflation incontrôlée entre autres désastres; des projections qui se sont avérées fausses.

Évidemment, il est fâcheux d’imposer un fardeau aux employeurs en leur demandant des hausses inutilement élevées. De notre point de vue, il est d’abord nécessaire de réduire les salaires les plus élevés, les bonus et les dividendes, puisqu’ils ont augmenté de façon exponentielle et disproportionnée ces-dernières années, contrairement aux salaires moyens.

Pour Efling, la convention collective doit mener à plus d’égalité, et non pas maintenir le déséquilibre actuel en augmentant les salaires de façon proportionnelle.


Les demandes principales pour de nouveaux accords

Contre la Confédération des employeurs, SA

  • Un salaire minimum de 425 000 ISK d’ici la fin de la période contractuelle
  • Une clause qui invalide le contrat si les inégalités s’accentuent
  • Plus de démocratie et de contrôle des employé.e.s sur leur lieu de travail
  • Pas de réduction des droits liés à l’expérience au travail lorsque l’on change d’employeur
  • Une semaine de 32 heures d’ici la fin de la période contractuelle
  • Des amendes en cas de non-respect de ces accords

Contre le gouvernement

  • Une campagne nationale concernant le logement
  • Un salaire minimum sans taxe
  • Des taxes plus élevées sur le profit ou tout autre gain financier
  • Les mêmes améliorations pour tous les travailleurs.euses, incluant les personnes âgées et en situation de handicap
  • Plus d’indexation (í. verðtrygging)
  • Un congé parental plus long, qui s’étende jusqu’à l’école maternelle
  • Des services de santé publique, accessibles à tous